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DES FLEURS, DES FEUILLES
ET DES FRUITS... POUR NOTRE SANTE
par le Dr Christophe GIRARDIN-ANDREANI
La phytothérapie, une occupation millénaire
Se soigner par les plantes est une activité qui a accompagné l'homme depuis le début de son évolution, et même les animaux comme les chimpanzés utilisent régulièrement près de quarante plantes différentes pour s'auto-guérir de diverses pathologies.
Récupérés par l'industrie pharmaceutique qui fabrique des copies de synthèse, les actifs végétaux présentent une incroyable diversité, tant par leur appartenance physicochimique que par leurs effets nutritionnels et thérapeutiques.
Nous nous contenterons ici d'évoquer leur intérêt nutritionnel, notamment dans un but préventif de nombreuses pathologies, en renforcement d'un terrain malmené par une alimentation industrialisée et un mode de vie aberrant.
Car notre alimentation toxique, carencée, désiquilibrée, oxydée et oxydante, acidifiante, est la principale cause de toutes nos maladies dites de civilisation.
Cancers, maladies cardio-vasculaires et métaboliques, pathologies auto-immunes et neurodégénératives, troubles du comportement, la liste est longue des troubles biologiques potentiellement mortels qui empoisonnent une vie certes sans cesse prolongée mais par une ultime étape de souffrance, de déchéance et de dépendance. Est-ce si important de vivre plus longtemps mais plus mal ?
A l'inverse, si on prend la peine d'observer les peuples dits "sans cancer" comme les Crêtois, les Hunzas ou certaines peuplades vivant encore de façon traditionnelle dans des régions reculées comme les hautes vallées chinoises, les plateaux himalayens, les vastes plaines de Mongolie, on se rend compte que ces populations pourtant peu ou pas médicalisées associent à une santé florissante une longévité souvent exceptionnelle. Sans souffrance, sans déchéance, sans dépendance.
Les erreurs de la science
Conscients des points noirs qui entachent notre alimentation, les scientifiques ont cherché à introduire de façon artificielle les éléments nutritifs qui manquent à notre quotidien en créant le concept de "complément alimentaire".
C'est ainsi que ces remèdes prétendus miraculeux ont été définis en 2002 par les instances européennes comme des adjuvants concentrés, prédosés, quantifiés en comprimés, gélules, ampoules, sachets...
Mais le vrai problème n'est pas seulement d'ordre carenciel, il est identitaire. Il repose d'abord sur l'absence de plus en plus grande de naturel dans les aliments que nous ingérons, et ajouter une "béquille" artificielle sous forme de complément alimentaire de synthèse ou d'hémisynthèse, ou même d'origine naturelle mais transformé à l'excès, ne fait qu'enfoncer un peu plus le clou de l'inadéquation entre ce que nous mangeons et buvons avec ce dont nous avons réellement besoin.
Les "super" aliments naturels
Or il se trouve qu'il existe dans la nature, dans toutes les régions du monde, des plantes consommées depuis des siècles par les peuples primitifs à qui elles apportent santé, vitalité, longévité par une concentration parfaitement équilibrée et riche en principes phytoactifs indispensables à une vie saine et harmonieuse.
L'ethnopharmacologie, dont le but est d'observer les modes d'alimentation et les thérapies ancestrales, nous fournit plusieurs exemples de ces "super" aliments.
Nous retiendrons d'abord le célèbre Goji, fruit du Lycium barbarum, extrèmement riche en anti-oxydants, caroténoïdes, vitamines du groupe B, vitamines C et E, oligo-éléments et sels minéraux, mais aussi en molécules polysaccharidiques particulièrement actives pour la stimulation des défenses naturelles.
Plusieurs dizaines d'études scientifiques, épidémiologiques ou cliniques, ont démontré l'intérêt réel d'une consommation régulière de baies séchées de Lycium barbarum pour la prévention et l'aide au traitement de toutes nos maladies de civilisation.
Une récente étude américaine a même démontré que les substances antioxydantes naturelles (le Goji est sans doute, parmi les rssources végétales connues à ce jour, la plus riche en substances antiradicalaires) agissent efficacement contre l'appartion et l'évolution de la maladie d'Alzheimer.
De l'Asie où nous avons trouvé le miraculeux Goji, nous pouvons passer en Afrique du Sud, particulièrement dans le désert du Kalahari où depuis plus de 25 000 ans vit le peuple Bushmen, grand consommateur d'un cactus local, le Hoodia gordonii dont l'effet vitalisant permettait aux chasseurs d'affronter les conditions extrêmes de leurs longs et difficiles raids cynégétiques.
Etudié par la science occidentale depuis une trentaine d'années, le Hoodia gordonii a révélé un intérêt majeur dans les techniques alimentaires de contrôle du poids, un de ses composants exclusifs agissant au niveau du cerveau par l'envoi d'un message de satiété 10 000 fois plus intense que celui envoyé par le glucose. D'où un contôle efficace sur la redoutable "fringale sucrée" et sur la tentation du "grignotage", tous deux pourvoyeurs de kilos en trop.
Le retour à l'éthique et aux valeurs humaines
En dehors de ces deux exemples que sont Goji et Hoodia, les traditions primitives sont riches de recettes naturelles de bien-être et de santé.
A nous, hommes du XXIème siècle pressés, stressés et perpétuellement insatisfaits, malades dans nos corps, nos coeurs et nos esprits, de recouvrer la sagesse en même temps que les vraies valeurs de nos ancêtres et de puiser dans les somptueuses richesses de la nature - sans souci d'appropriation ou de lucre, sans mettre en danger la biodiversité végétale- les clefs de notre santé, de notre longévité et de notre épanouissement physique, intellectuel et spirituel.